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Thierry Lepaon : « On a le sentiment que le premier ministre, c’est Pierre Gattaz »

 
Thierry Lepaon :
« On a le sentiment que le premier ministre, c’est Pierre Gattaz »
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Vous portez des jugements très sévères sur la politique de François Hollande qui, selon vous, se met avec son pacte de responsabilité au service du Medef. Vous êtes dans l’opposition ?
Thierry Lepaon : François Hollande est en décalage complet avec les attentes des Françaises et des Français. Il répond presque exclusivement aux revendications du Medef. Il prétend incarner une nouvelle politique économique alors que c’est une accélération de celle qu’il menait. Il lâche 30 milliards au patronat comme il a lâché 20 milliards il y a un an. On en est à 230 milliards d’euros d’aides et d’exonérations sans qu’on puisse en mesurer l’efficacité.
 
Pour la CGT, la nation doit aider les entreprises qui en ont besoin. Mais aujourd’hui on n’est plus dans une politique d’aides aux entreprises dont on évalue le retour. On est passé à une politique de droits, les mêmes pour toutes les entreprises, quelle que soit leur politique d’emploi et d’investissements.
C’est la négation du politique. C’est un cadeau au patronat. Quand le président parle de réduire les charges et les contraintes, on ne sait pas si dans ces dernières il y a des aspects qui peuvent toucher au Code du travail. On est sévère parce que c’est la première fois dans notre histoire qu’un président de gauche touche au socle du financement de la protection sociale issu du Conseil national de la résistance. Pour François Hollande, le travail ne peut plus payer le hors travail.
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En étant financée par le budget, la politique familiale servira de variable d’ajustement et ne garantira plus un accès égalitaire à un droit. C’est un bouleversement sans précédent sans aucune concertation et sans aucun débat. Le président décide tout seul que la politique familiale n’est plus financée par le travail. Demain, cela peut être fait pour d’autres branches de la Sécurité sociale.
M. Hollande annonce aussi de nouvelles économies…
On est déjà à l’os partout. Il y a plein de lieux aujourd’hui où le potentiel humain manque. Si on pouvait économiser 50 milliards dans les trois ans qui viennent dans toute la fonction publique, ça se saurait ! C’est illusoire. Forcément, il faut s’attendre à un résultat contraire à ce qu’il a annoncé, à savoir des augmentations d’impôts, de la TVA et de la contribution sociale généralisée parce qu’il faudra équilibrer le budget.
Il va y avoir une concertation…
M. Hollande nous propose une participation active à des décisions qu’il a déjà prises. Chaque fois qu’il y a un problème, on donne une mission à un patron : Louis Gallois pour la compétitivité, Jean-Paul Bailly pour le travail du dimanche. Là, dans les trois groupes de travail qu’il veut mettre en place, il y a des patrons à la barre, à égalité avec les parlementaires ! On a le sentiment que le premier ministre, c’est Pierre Gattaz et les ministres chargés de cette nouvelle gestion de la France sont des employeurs !

Extrait d’un interview au Monde.

 
 

 

 
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Géolocalisation : Une jurisprudence en faveur des salariés

Géolocalisation :

Une jurisprudence en faveur des salariés

 

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La mise en place d’un système de géolocation dans les véhicules communautaires est en route. Personne n’est dupe de la finalité : fliquer et encore fliquer les agents. Tout cela empaqueter par l’écologie et la sécurité qui s’avèrent être des alibis bien pratiques.

 

La jurisprudence sur ce sujet est pratiquement toujours en faveur des salariés : détournement à des fins de surveillance, données stockées de manière illicite… Si les motifs de conflit varient, la justice, généralement, donne tort à l’employeur. En effet, de façon à éviter les dérives, ces outils sont sévèrement encadrés. La CNIL veille au grain.

 

Une des dernières affaires sur ce sujet a condamné un employeur à une lourde amende en estimant que la géolocalisation n’avait pas vocation à prouver une faute du salarié. La CNIL considère notamment que le recours à un système de géolocalisation destiné à contrôler l’activité des salariés est très souvent injustifiable. Par ailleurs, elle recommande que les dispositifs de géolocalisation installés sur les véhicules disposent d’un système d’interrupteur permettant aux salariés de les désactiver.

 

 

Fort de ses éléments, la CGT demande :

  • de sursoir à l’installation des kits GPS.

  • d’installer un interrupteur permettant la déconnexion du GPS.

 

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La CGT propose aux agents de mettre en place des actions contre la géolocalisation : journée sans voiture, journée de blocage des parkings… Nous attendons vos propositions d’actions à cette adresse mail : geoloc-lmcu [arobat] sfr point fr .

 

C’est avec vous que nous ferons revenir l’administration sur cette mesure attentatoire aux libertés !

 

 

Thierry DUEL