Entretien avec Maryse Dumas

ParCGT MEL

Entretien avec Maryse Dumas

 

« Réussir une mobilisation au moins aussi

importante que le 29 janvier »

L’unité des syndicats résiste alors qu’ils ont des positions différentes sur certains dossiers. Comment expliquer la qualité de cette unité ?

Maryse Dumas. Nous avons longuement travaillé pour aboutir à une déclaration commune qui n’est pas de circonstance. Nous l’avons fait dans la clarté, sachant ce que nous pouvions avancer ensemble et ce sur quoi nous n’avions pas les mêmes positions. La déclaration du 5 janvier ne signifie pas que nous ayons la même appréciation du résultat de telle ou telle négociation. Cette plate-forme cohérente pour sortir le pays de la crise, c’est du jamais-vu.

Une plate-forme de cette ampleur a été adoptée en 1966, mais seulement par la CGT et la CFDT. Dans les mouvements récents, nous avons eu des positions communes à toutes les organisations, mais c’était sur des sujets particuliers. Dès le 29 janvier, la première mobilisation a atteint un niveau comparable aux pics des mobilisations antérieures. Cela montre que cela correspond aux attentes. Et c’est ça aussi qui solidifie les relations intersyndicales. Nous avons réalisé l’unité qui était attendue par les salariés, ils nous font confiance à condition qu’on poursuive dans ce sens.

Vous avez décidé une nouvelle journée unitaire pour le 19 mars. N’est-ce pas un peu tard ?

Maryse Dumas. Compte tenu du niveau des enjeux, il faut mettre tous les atouts de notre côté pour réussir une mobilisation au moins aussi importante que la première. Et l’entre-deux n’est pas un désert. Il y a des luttes importantes impulsées par les organisations syndicales dans les secteurs, les professions, les entreprises.

Est-ce que la réunion du 18 février à l’Élysée peut changer la donne par rapport au 19 mars ?

Maryse Dumas. Ce que souhaitent les syndicats, c’est que les revendications aboutissent. Il serait positif que le 18 février permette de répondre à la plate-forme syndicale. Malheureusement, le réalisme syndical nous amène à considérer que dans l’état actuel des choses, le président de la République n’a pas l’intention de tenir compte de ce qu’a dit le mouvement le 29 janvier. Mettre tous les atouts de notre côté, c’était décider sans attendre cette mobilisation pour le 19 mars, l’annoncer pour la préparer et pour faire pression sur le gouvernement et le MEDEF. Et le 23 février, nous apprécierons ce qui a bougé.

Sur quelles questions la CGT va-t-elle particulièrement insister ?

Maryse Dumas. À partir de la déclaration commune, la CGT va insister sur les questions du SMIC et de l’ensemble des salaires. L’État a les moyens de contraindre les entreprises à conclure des accords salariaux. Nous voulons obtenir la revalorisation des pensions de retraite et des minima sociaux. On ne peut pas opposer relance par la consommation et relance par l’investissement, il faut les deux. Pour l’emploi, nous voulons des mesures dans le sens

d’une sécurité professionnelle des salariés. Il faut que l’emploi soit privilégié, que le chômage coûte plus cher à l’entreprise que l’emploi. Les représentants des salariés doivent pouvoir contrôler le bien-fondé et l’utilisation des aides accordées aux entreprises et le respect des contreparties. Il faut geler les dividendes aux actionnaires pour que l’argent aille aux salaires et à l’investissement.

Soutenez-vous les mouvements en Guadeloupe et en Martinique ?

Maryse Dumas. La CGT est totalement solidaire de ces mouvements et agit pour qu’ils soient victorieux. Nous constatons que le point sur lequel le gouvernement résiste à mort, c’est la revalorisation des salaires. Nous soutenons totalement cette revendication aux Antilles.

Les luttes en métropole et aux Antilles ont besoin de s’épauler les unes les autres.

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