Declaration de la CGT en ouverture du Comité technique

ParCGT MEL

Declaration de la CGT en ouverture du Comité technique

Déclaration de la CGT en ouverture du Comité technique du 22 janvier 2019

 

 

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les élus, chers camarades et chers collègues,

Je vous remercie de m’accorder quelques minutes d’attention à l’ouverture de ce 1er CTP du nouveau mandat qui débute.

Tout d’abord, Je suis très heureux, Monsieur le président, que nous ayons maintenu le paritarisme dans cette instance. Nous pouvons tous nous en féliciter ! Vous le savez, et c’est dans les gênes de la CGT depuis sa création à Limoges en 1895, notre organisation se veut un acteur politique à part entière pour la transformation de la société.

Je voulais dans un premier temps souhaiter la bienvenue aux nouveaux élus représentants du personnel, et plus particulièrement à mes camarades de la CGT (Stéphanie, Vincent, Julie, Christian).

Nos camarades ont pris une part active à la campagne pour les élections professionnelles qui ont porté à nouveau la CGT ici à la Mel comme au niveau national à la 1ere place. A la Mel nous représentons 42,5 % des agents avec une progression de 5 points depuis 2014, et avons réalisé une percée dans toutes les catégories, même en catégorie A.

Avec ces résultats historiques, j’ai d’abord éprouvé une certaine satisfaction personnelle, car j’ai repris la direction syndicale un an après le suicide de mon camarade Stephane, suicide reconnu depuis lors, vous le savez, comme accident de service, c’est à dire que la responsabilité de l’employeur est engagée dans cette affaire.

Mais je souhaite aussi, alors qu’un nouveau mandat démarre, et même si le collège des représentants de l’administration sera également renouvelé à l’issue des élections municipales prochaines, je souhaite disais- je que vous preniez conscience du message qui vous a été envoyé par les agents de la Mel à travers ce vote massif pour la CGT.

Je vous laisse responsables de vos interprétations mais voilà les miennes :

A travers ce vote, ce sont sans aucun doute les analyses de mon organisation qui ont été validées. Parmi celles-ci, la dénonciation d’une réorganisation permanente orchestrée par Bruno Cassette qui a fait beaucoup de dégâts chez les agents, dans la cohésion des équipes, et dont l’efficacité est très loin d’être reconnue sur le terrain. Evidemment, les collègues et les cadres en particulier se soumettent, managés par une main de fer. Ils font face à un système de menaces, de sanctions et de récompenses. Ce n’est pas au changement que nous résistons, mais à la méthode et à l’idéologie libérale qui sous-tend le lean management mis en œuvre ici. Etymologiquement, management vient de manège, un terme équestre, le manager est celui qui tient le fouet.

Avec la casse du statut contenu dans le projet de loi Dussopt au titre du programme CAP 22 de Macron-Philippe, et qui sera déployé au 1er semestre 2019, je m’attends à ce que ce phénomène s’amplifie si nous n’arrivons pas à enrayer collectivement la liquidation des services publics de proximité avec la suppression des communes, dont vous êtes aussi les représentants ; et en corolaire l’éradication du fonctionnariat.

 

La CGT a souvent le tort d’avoir raison trop tôt. J’ai souvent alerté ici les effets des réformes territoriales et de la polarisation des richesses par les Métropoles.

L’évolution des revendications qui s’expriment dans la rue depuis 10 semaines confirme notre analyse : partie d’une contestation du prix de l’essence, ces revendications ont évolué, et la fracture territoriale est désormais au cœur du débat.

La CGT MEL a aussi souvent dénoncé le mépris que nous avons pu ressentir à notre endroit. Vous le savez également, de la part de notre DGS, qui a même parfois  instrumentalisé parfois nos interventions en CTP pour défendre sa peau

De votre part parfois Mesdames et Messieurs les élus quand certains d’entre vous ne prenaient pas au sérieux nos positions. Soit, c’est le jeu de la démocratie, on ne peut pas toujours être d’accord avec la CGT.

Aujourd’hui  si Macron découvre à ses dépens et bien tardivement l’utilité en démocratie des corps intermédiaires- dont nous sommes, syndicats et partis politiques,-  prenez à votre tour conscience de notre nécessité, de notre crédibilité, de notre légitimité.

Ici aussi à la MEL, les mêmes causes peuvent avoir les mêmes effets.

Nos courriers au Président restent lettre morte, comme nos demandes de rdv, aucune mention des élections professionnelles dans les discours du 18 janvier. Aucune expression officielle au lendemain du 6 décembre. Sans parler de protocole, même le degré zéro de la politesse n’y est pas. Et on sait tous où ces dans quel bureau du rez de chaussée ces sujets sont bloqués.

Pourtant, Nous travaillons nos dossiers à fond. Nous assumons toujours nos valeurs tournées vers la défense des agents, du statut, des services publics, de la justice sociale, et de la lutte contre toute discrimination.

 

 

 

Les agents nous ont entendus le 6 décembre. Ils sont conscients du travail accompli par toute l’équipe CGT et de la justesse de nos revendications, de nos expressions et de nos actions.

En conclusion, aujourd’hui nous assistons à une véritable mainmise de la technocratie sur le politique, ou plutôt d’un technocrate sur les politiques.

Reprenez le pouvoir, Mesdames et Messieurs les élus !

Reprendre ce pouvoir politique c’est au minimum commencer par prendre la parole, votre parole libre, celle de votre groupe politique au sein de cette instance.

Nous savons ce que vous dites entre vous. Nombre de vos collègues élus que nous rencontrons partagent largement notre analyse et déplorent auprès de nous cette situation et cela montre que nous ne sommes pas seuls à avoir raison.

Beaucoup se sentent dépourvu de leurs prérogatives et donc méprisés, autant que certains nos cadres qui dans cette maison ont osé parler.

Ainsi, je dénonce vigoureusement une nouvelle fois la dérive autoritaire que nous connaissons à la MEL,.

Nous assistons à une répression à l’égard des militants CGT, et une instrumentalisation des procédures disciplinaires par le DGS, même si c’est bien le Conseiller Frémeaux qui signe encore les courriers.

Par exemple, malgré les engagements du 1er VP Bernard, une procédure disciplinaire s’abat sur 2 agents syndiqués CGT, dont un élu, au lendemain de notre conférence de presse d 11 décembre. Quelle est la légitimité de la main qui s’abat sur eux au titre de manquement à l’exemplarité alors que les perquisitions s’enchainent à la MEL et interrogent les agents comme les citoyens.

Nous rencontrons actuellement les groupes politiques sur cette question. Nous exigeons l’abandon de toutes ces procédures indues et indignes. Nous souhaitons sur ce sujet aussi vous entendre Mesdames et Messieurs les élus.

 

Je vous remercie.

Frédéric PARISOT secrétaire général CGT Mel

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